Soigner le monde 2 : Ne pas faire d’enfants

Certains riront : C’est sûr que ça risque d’être nouveau si on ne fait plus d’enfants ! C’est la fin de l’humanité ! Non mais n’importe quoi, là !

Pourtant, réfléchissez deux secondes à la chose suivante :

Même si je passais mes journées à hurler le poing brandi, arpentant les rues avec un panneau  : « Stop aux enfants », le monde ne s’arrêterait pas de faire des enfants. Donc, cet article n’a évidemment pas pour but de convaincre la population entière, ni même de suggérer que tout le monde devrait arrêter de faire des enfants, car c’est impossible, je ne suis pas une grande influenceuse propragandiste, ayant placé des milliards d’euros dans un projet terrifiant d’empêcher la procréation à une échelle planétaire. Cet article n’a donc qu’une influence très minimale sur la démographie mondiale.

D’autre part, oui, dans un monde parfait, où la maltraitance n’a pas sa place, et où j’aurais reçu tout ce dont j’avais besoin pour devenir à mon tour une bonne mère, il est fort probable que j’aurais eu des enfants. Ç’aurait été sûrement chouette de voir grandir ces êtres merveilleux, et encore, là je me pose la question : ne suis-je pas encore dans un état d’esprit de considérer la maternité comme source d’émerveillement nécessaire (et pas vécu suffisamment lors de mon enfance) pour moi ? Est-ce que lorsqu’on va vraiment bien, on ne trouve pas tout simplement normal, naturel, de voir grandir un être ? Comme ces mères dans les tribus amazoniennes, qui portent leur bébé en écharpe pendant qu’elles cueillent des fruits, et ne sont pas complètement gagas devant lui à longueur de journée ?

À présent que vous voilà rassuré sur ma volonté de destruction de l’humanité, voyons pourquoi je prône « l’abstinence reproductive ».

Cet article s’adresse avant tout aux personnes qui songent à faire des enfants, mais si vous êtes parents, et que vous songez à faire votre 2ème, voire 3ème (voire 12ème si vous êtes en mode industriel), cet article ne sera pas inutile.

 

Pour avoir le temps de découvrir son Soi

Parce que cela vous permettra de vous concentrer sur la connaissance de vous, d’accéder à vos émotions. Les parents qui entament une thérapie de fond, doivent se confronter à cette équation insoluble : comment prendre ce temps de recherche en soi, quand le bébé réclame sa tétée ? Comment travailler sur soi quand on doit travailler pour assumer les besoins de sa famille ? Comment écrire chaque matin pendant 1h, alors qu’on a dormi 6h, qu’on a 3 enfants, et que les soucis d’argent s’amoncellent ?

Se soigner est une aventure sur le chemin du soi. Se soigner, ce n’est pas se défaire d’une simple maladie, et encore moins d’un mal-être, c’est accéder à la connaissance de son véritable Soi.

Il existe un univers en soi-même, auquel peu de personnes ont accès, faute de le savoir. La société actuelle considère la thérapie comme un réglage sur une machine défectueuse : un petit coup de TIPI par ci, un petit coup d’EMDR par-là, et c’est reparti pour la vie normale. Surtout ne pas dévier. Il s’agirait surtout pas d’être prise en flagrant délit d’égocentrisme, et passer son temps à « se morfondre sur soi-même » est rejeté par 99,99% de la population.

Pourtant, embrasser la doctrine du Gnothi Seauton pourrait vous conduire sur les chemins d’une certaine science, dans laquelle presque personne n’excelle. Se connaître soi-même, ce n’est pas seulement connaître sa pensée, mais son passé, ses émotions, son fonctionnement, depuis l’intérieur.

Il y a des scientifiques qui passent leur vie à essayer de comprendre la forme de l’univers ou à accéder à l’infiniment petit. Mais il n’est pas considéré comme une science d’accéder au Soi. Il est vrai que c’est une expérimentation peu démontrable, et on a du mal à imaginer un conférencier montrer à ses collègues « la vérité de ce qu’il ressent ».

Pourtant la connaissance par le ressenti des émotions, nous permet d’accéder à un « jaillissement de vie d’une richesse inattendue » (Alice Miller) et ayant eu accès à cela, je ne peux que constater avec désolation les êtres humains qui parlent, mangent, pensent avec ce corps qui contient sans qu’ils le sachent une pierre philosophale, capable de transformer une conscience plombée en une vision pure.

Il est très difficile d’exprimer avec des mots, la façon dont on voit la vie quand on a accédé à son Soi. C’est un peu comme essayer d’expliquer la 4ème dimension à un cerveau capable de n’en concevoir que 3. Les mots sont un canal trop petit pour exprimer cette « chose ». Et lorsque je ressens cela, les mots que je connais deviennent des petits soldats trop rigides et désorganisés.

Je vais quand même essayer : la première pensée (formulée concrètement) que j’ai eue quand j’ai accédé à ça est : « Je peux mourir désormais ». Aujourd’hui, je n’ai plus peur de la mort. J’ai peur de souffrir (ça fait mal), mais pas de disparaître. J’ai « vécu ». J’ai ressenti « C’est donc cela le but de la vie. » Et à partir de cette pensée-là, la liberté de vivre sans avoir à chercher à ne pas mourir, nous défait de beaucoup de contraintes, et notamment de pensées parasitaires. C’est comme si toutes ces pensées, destinées à favoriser des comportements « pour éviter de mourir » disparaissaient pour faire place à cette « chose », présente depuis toujours, mais inaccessible. J’ai cette image du film « Cube », quand le simplet est le seul survivant et accède à une porte lumineuse. Ou le film Matrix, quand Neo est débranché. Je pense à 1984, quand le personnage est à table avec son ami, qu’il a une « connaissance » que son ami, qui ne parle que le novlangue, n’a pas : la connaissance d’une possibilité.

Et c’est à partir de cette possibilité, cette fondation, que je peux rechercher, analyser, comprendre. Avant, j’intellectualisais, je faisais semblant. La névrose imite très bien la pleine conscience.

Cette fondation, je suis quasiment certaine qu’il est impossible d’y accéder, sauf par accident, un relâchement involontaire des défenses, quand on a des enfants à s’occuper.

 

 

Parce que faire des enfants ne vous sauvera pas

On est certain qu’on va faire des enfants pour se réaliser, alors qu’on doit les servir. Et l’illusion va durer tant que l’enfant ne se révoltera pas, mais comme la société d’aujourd’hui permet de plus en plus aux enfants de s’affirmer dans leur individualité, la confrontation aux véritables désirs de l’enfant arrivera forcément.

Et à ce moment-là, vous les maltraiterez. Parce que vous aurez prévu de les mettre à l’école Montessori, mais qu’ils ne veulent pas aller à l’école. Parce qu’à 15 ans, ils veulent se barrer, et que vous vous rendez compte que vous n’aviez qu’eux comme amis. Parce que vous aviez tout pensé, tout réfléchi, sauf qu’il aurait sa propre identité.

Le nombre de personnes qui sont venues me trouver en thérapie, et qui voulaient se soigner, non pas pour connaître leur propre vérité, mais pour pouvoir « enfin » fonder une famille.

Et là, j’entends la clameur « bah c’est normal, bah moi aussi ». En effet, s’il est tout à fait normal, biologiquement, de considérer la reproduction et la famille comme une réalisation de l’être, dans le monde où nous vivons et avec ce que vous avez subi, c’est la dernière chose à laquelle vous devriez penser. Ce n’est pas votre vrai Soi qui veut une famille et des enfants, c’est l’enfant terrifié en vous qui veut absolument fonder cette famille idéale qu’il n’a jamais reçu.

Il y a une très grande différence entre faire des enfants quand on va bien, et faire des enfants quand on va mal. C’est l’intention.

Lorsqu’on fait des enfants parce qu’on va bien, on attend de savoir qui on va rencontrer, on est prêt à la rencontre de l’autre. L’autre, avec ses particularités, sa personnalité, son désir d’indépendance et de reconnaissance. Imaginez une personne avec qui, actuellement, vous ne ressentez aucune affinité, mais que vous ne détestez pas. Voilà. Votre enfant aura peut-être cette personnalité-là. Mais ça, vous ne l’aviez pas prévu. Il vous semble tout à fait logique que votre enfant saura répondre à vos besoins. En fait, pas du tout.

Je me rappellerai toujours cette conversation que j’ai eu avec ma mère, vers mes 30 ans. Je lui racontais quelque chose, à table, et elle, comme à son habitude, se bouche une oreille, en plissant les yeux (je parle trop fort selon elle). Je lui dis alors (à la suite de nombreuses années de remises en questions, de crises, de dialogues avec elle…) « Mais pourquoi tu fais ça à chaque fois ? Je parle pas trop fort ! » et elle me répond : « Je sais bien, mais tu es trop enthousiaste, tu t’enflammes. » Et là je dis : « Oui, mais il va bien falloir que tu finisses par admettre que je suis comme ça. » Elle a eu petit rire et cet air navré : « Je crois que j’ai bien compris. » Ce jour-là, il y a eu de sa part, une réalisation de la différence entre elle et moi. Une prise de conscience de moi en tant qu’Autre. Je ne serais jamais cette mère affectueuse à la voix douce, disponible pour la sauver. Dans la ville ou habitait ma grand-mère résonne encore, des années après sa mort, l’écho de sa voix tonitruante, qui me ravissait, mais qui terrifiait ma mère, gravement maltraitée par elle étant enfant.

 

Parce que vous avez subi de graves traumatismes

Nous déchargeons forcément sur nos enfants ce que nous avons subi, si nous n’avons pas fait un très gros travail sur nous-même. Quand je parle de travail, je ne parle pas de travail intellectuel, mais de prise de conscience totale, d’évacuation de nos traumatismes ancrés dans nos cellules, par le revécu des scènes au niveau primal.

Nous déchargeons sur nos enfants en reproduisant sur eux la maltraitance qu’on a vécu nous-même, ou, si nous avons pris conscience de la maltraitance que nous avons subi, en se donnant la grande mission de ne pas la reproduire, et ainsi inconsciemment, nous plaçons sur l’enfant la charge émotionnelle de nous considérer comme mère parfaite (après tout on a fait tant d’efforts).

Je vois énormément de mères rechercher l’approbation sociale en expliquant tout ce qu’elles font de formidables avec leurs enfants. Elles cherchent ainsi à prouver aux autres, à elles-mêmes et à leur propre mère, qu’elles sont parvenues à ne pas reproduire. Les enfants s’expriment rarement sur le sujet. Beaucoup s’offusqueront de ce que j’écris en rétorquant « que tout le monde a besoin de soutien ». Mais si un soutien psychologique, un accompagnement dans la recherche des souffrances vécues, une empathie et une compréhension totale de notre enfance, est nécessaire, par soi-même, un professionnel, ou des personnes réellement conscientes de la façon dont il faut travailler sur soi, par contre les nombreux « J’aime » ou compliments, n’aident absolument pas à travailler sur soi.

Je vais vous donner un exemple qui me semble vraiment parlant : Dans le livre de Jean Liedloff « Le concept du continuum », dans lequel elle montre les différences entre la manière de traiter les enfants dans une tribu amazonienne et en occident, il y a une préface, rédigée par une mère qui commence à peu près comme ceci : « La première fois que j’ai lu ce livre, j’ai voulu me jeter par la fenêtre. Je suis restée pendant 2 semaines prostrée sur mon canapé, à réaliser l’horreur de ce que je faisais subir à mes enfants. »

La réaction de cette mère est très saine. Et on se doute bien que, d’une part, si nous avons la possibilité de la lire, c’est qu’elle n’a pas mis à terme son funeste projet, et que d’autre part, si elle a accepté de rédiger la préface du livre, c’est qu’elle n’en a pas rejeté le contenu.

C’est exactement ça « la conscience ». Et si je sais que de nombreuses mères ne font pas ce travail nécessaire pour parvenir à la conscience, c’est que je ne lis quasiment jamais ce genre de choses « Je me rends compte à quel point je fais souffrir mon enfant ». Non, je lis souvent « J’ai fait cette très bonne chose, soutenez-moi, confirmez-moi que je suis une bonne mère. »

Et je ne vais pas leur jeter la pierre, comment posséder cette conscience ? Comment accéder réellement à la pleine réalisation de nos sentiments les plus abjects, quand on est occupé à élever des enfants, et qu’on passe 24/24h à se soucier de faire du mieux qu’on peut ?

C’est quasiment impossible de faire ce travail vraiment bien en étant parent. J’ai reçu en thérapie plusieurs parents, et la majorité d’entre eux n’ont pas voulu affronter ce travail titanesque. Seules 2 femmes qui se reconnaîtront ont eu ce grand courage, et très certainement cette conscience nécessaire de ce qu’il fallait faire, pour elles-mêmes, comme pour leur famille.

Car c’est une double conscience : il s’agit d’avoir conscience du travail à fournir, mais aussi d’accéder à une conscience du vécu de notre passé.

Avec des enfants, je n’aurais jamais accédé à ce à quoi j’ai accédé. Je n’aurais pas eu le temps, ni l’espace mental nécessaire. Moi aussi, j’aurais été cette femme qui poste des travaux de bricolage sur Facebook, en demandant confirmation à ma communauté de mon talent de mère à répondre parfaitement aux besoins de mes enfants. Je n’aurais même pas su ce que je faisais.

 

Pour faire progresser la conscience du monde

Parce que si 10% d’entre nous ne faisaient pas d’enfants, dans le but de concentrer leur vie sur la connaissance, la conscience globale du monde progresserait à une vitesse phénoménale. Une seule personne peut changer une société, véhiculer des idées à des dizaines d’autres personnes.

Si cette communauté de personnes s’entend et se concerte pour faire avancer les choses, non entravée par les transferts parentaux, c’est une véritable communauté de libres penseurs, empathiques et visionnaires qui se mettrait en place.

Comment savoir ce à quoi l’humanité peut accéder, si nous sommes entravés par les transferts, les pensées parasitaires, les désirs d’assouvissement projetés sur nos enfants, l’énergie phénoménale consacrée à faire changer le monde par le biais de nos enfants (qui veulent être tranquilles dans un monde parfait) ?

Il faut déjà prendre tout ce temps de se récupérer, de se laisser vivre des choses que l’on a jamais eu le droit de vivre enfant, (apprendre un instrument, dormir autant qu’on veut), alors comment faire tout ça avec des enfants ? Surtout en bas-âge ?

On pourrait m’objecter qu’on accède à la connaissance du monde aussi par les enfants, et que c’est une formidable aventure que de découvrir le monde par ses enfants. Mais l’enfant ne désire pas être un terrain d’expérimentation, l’enfant ne désire pas être votre formidable aventure, l’enfant ne désire pas être votre soutien pour accéder à la connaissance du monde.

 

Parce que l’enfant veut vivre dans un monde parfait

Quand j’ai accédé à mon Soi, et à mon vécu et mes ressentis d’enfant, j’ai compris ceci : il est criminel de mettre au monde des enfants dans ce monde. La société actuelle est une trahison pour l’enfant.

Disons que vous êtes une famille guérie, consciente, et que vous faites un enfant, prêt à le rencontrer et l’aimer. Voilà ce qui va se passer.

Il vit en parfait harmonie dans le ventre de la mère , puis venant au monde, il est allaité, choyé, porté. Ses parents représentent la sécurité. Son cerveau se développe bien, parce qu’il possède les conditions nécessaires à son épanouissement.

Un jour, il a peut-être 2 mois, 3 ans, 5 ans si vous vivez en autarcie totale (et alors vous l’empêchez de socialiser avec d’autres enfants), et voilà qu’il rencontre le mal, sous forme de haine, la violence, la névrose, la psychopathie. Soudain, l’enfant prend conscience qu’il n’est pas en sécurité du tout. Parce que même ses parents, qu’il considère comme le sommet de la force, sont incompétents et vulnérables à ces phénomènes. Il ressent avec tout son être que ce taré qui a hurlé sur sa mère en train de l’allaiter « que c’est une salope qui montre ses nichons à tout le monde » (vu dans le bus à Paris), est un être qui peut potentiellement détruire tout son univers. Et ça, c’est une anecdote. Mais que faudra-t’il faire quand votre enfant vous demandera « Maman, c’est quoi un viol ? », « Pourquoi le monsieur il est par terre et sans jambes ? ». Et ça, encore ce sont des questions.

Mais que faudra-t’il faire quand votre enfant réalisera que vous êtes une exception totale dans ce monde ultra-violent, qu’il est venu au monde sur une planète dirigée par des psychopathes ? Qu’il existe des gens qui tapent leurs enfants tous les jours, qui lapident, excisent, violent en groupe, torturent, vendent de la pédopornographie ? Comment vous allez faire face à ça ? Beaucoup de parents se pensent suffisamment forts pour protéger leurs enfants de tout ça, en écoutant pas les infos, en vivant en éco-village, mais l’enfant veut venir au monde dans un monde parfait. Il veut pouvoir, à 15 ans, partir visiter le monde sans avoir à craindre pour sa vie.

Titre de la vidéo : Ma petite fille pleine de compassion devient adorablement émotionnelle. (Comme c’est adorable cette enfant qui souffre ?)

Certes, les fondations solides qu’il aura reçues, le prépareront à affronter ces sentiments sans gros dégâts sur son Soi. Mais pas sur son stress, ni son développement normal. Oui, son corps sera capable de mettre en place des protections, pour ne pas avoir à ressentir la violence de certaines informations ou traumatismes. Mais c’est une logique de déni, pas de conscience.

Si vous avez déjà des enfants, vous ne pourrez que faire de votre mieux, et au moins prendre conscience de certaines choses, mais si vous n’en avez pas encore, réfléchissez bien. La société veut que vous ayez des enfants, non pas pour votre bien, mais pour la sauvegarde de son propre déni.

 

pourquoi maman

4 Comments

  1. Inconnu

    Bonjour. J’ai écris tout un message de pure jalousie ou je déversais ma haine, mais maintenant que j’ai compris que je suis juste dégoûté de ne pas en être là ou vous en êtes, et bien j’ai tout effacé. Quand on vous lit, on se dit que ça doit être génial de ne pas avoir peur de la mort, de « vraiment » ressentir, de se connaître, tout ça… j’ai l’impression que je passe à côté de ma vie tout simplement… Du coup c’est assez déprimant, et étant de nature très jalouse et étant un peu compétiteur dans l’âme (ouais pour moi le bonheur est aussi une compétition dans la vie, triste monde hein ? ^^), et bien à cause de tout ça, je vais devoir me contenter de vos articles sur la société et ses dérives, et éviter les textes qui parlent de vous, car ils me sont difficilement supportables (du à ma jalousie bien sûr).

    Félicitation pour votre blog, et je dois dire que beaucoup de vos idées rejoignent les miennes (ou l’inverse), notamment concernant la société (je pense pas mal en ce moment aux dégâts de la morale (le bien et le mal, qui sont des jugements), à notre tradition qui dit que l’enfant doit quitter le nid parental à « l’age adulte » (pure invention n’est-ce pas ?), au système monétaire qui détruit tout esprit de solidarité, etc…). Et donc c’est très intéressant déjà de lire quelqu’un qui pense comme moi (je plaisante :p), mais aussi de découvrir des choses aussi car votre blog est très instructif.

    C’est réconfortant de savoir que je ne suis pas seul à savoir que le monde est névrosé, que l’on maltraite les enfants, qu’on peut s’en sortir à l’aide de thérapie primale, etc… Je vous avoue que je me sens seul avec ces connaissances dans la vie de tous les jours, ne cotoyant personne dans le même cas que moi. Et quand j’essaie de partager ça, je n’ai affaire qu’au déni. Je comprends pas d’ailleurs pourquoi je ne réagis pas comme tout le monde, pourquoi je ne nie pas la vérité, enfin voilà je pense pas être une exception, il doit y avoir une bonne raison à ça…

    Bref en tout cas félicitation pour votre blog, je ne sais pas s’il est beaucoup visité mais je le trouve très intéressant en tout cas 🙂

    Bonne continuation

    • Sophie

      Salut Inconnu,

      Merci pour ta sincérité. J’ai aussi eu affaire à la jalousie, l’envie. Elle venait de mes sentiments d’enfance refoulée (sans surprise). Le truc, c’est qu’en me laissant vivre ces sentiments, j’ai eu accès à des choses que j’ignorais avoir refoulé, et c’était assez passionnant. Comme par exemple, une fois, je me suis sentie très très jalouse d’un groupe de gens qui s’intéressait à une fille qui parlait beaucoup. Je connaissais cette fille, et elle était en train de raconter une histoire qu’elle m’avait déjà raconté, et utilisait les mêmes termes, faisant des effets de voix, et tout le monde explosait de rire, et je me suis sentie terriblement jalouse. En allant plus loin dans ce sentiment (vraiment désagréable), j’ai réalisé que le mot qui correspondait le mieux à mon sentiment était plutôt « humiliée ». Je me sentais vraiment humiliée. J’avais aucune idée de pourquoi, alors j’ai pleuré et dit à haute voix « Je me sens tellement humiliée quand tu fais ça » et j’ai eu immédiatement le souvenir de ma mère qui est remonté. Elle passait des heures au téléphone quand j’étais petite, et ne s’occupait pas de moi. Je devais l’écouter raconter 5 fois la même histoire à différentes personnes. Mais le sentiment d’humiliation n’était pas du à ces appels. C’est qu’en fait, quand je lui ai demandé une fois de jouer avec moi et qu’elle m’a répondu « je dois d’abord passer un coup de fil », j’ai dit « encore!! », et ma mère m’a humiliée totalement en me disant : « Non mais regardez-moi celle-là ! Comme si je m’occupais pas assez d’elle ! Eh bien madame la princesse va attendre que j’ai fini de faire ce que j’ai à faire, parce que je ne peux pas passer ma vie à m’occuper de toi figure-toi, j’ai aussi une vie, au-delà de toi ma petite ! »
      Alors, tu vois, le sentiment que je te procure de jalousie, ça vient de quelqu’un, de quelque part, et je te souhaite de trouver d’où ça vient. On doit passer par pas mal de crises avant de se sentir soulagé. Tout ce que tu as écrit et effacé contenait une histoire, celle de ton enfance, et même si je te remercie de ne pas avoir défoulé ta rage sur moi (merci, car je m’en prends déjà plein la gueule sur Facebook), je ne peux que te recommander d’écouter ces mots pour savoir quelle histoire ils racontent.

      Par rapport à la solitude, je suis passée par plein d’étapes : beaucoup de copains, puis plus trop, puis plus du tout, et là progressivement, je commence à parler avec des gens qui me semblent penser comme moi. Mais j’ai encore beaucoup d’espace mental et de liberté à récupérer par le biais de la solitude (j’aime trop faire ce que je veux quand je veux). Par rapport au déni, quand j’ai créé ce blog, j’ai fait un profil fb, et j’ai demandé en amis, uniquement des gens qui était contre la maltraitance, pro thérapie primale, etc. De mes vrais anciens amis et connaissances, je n’ai ajouté que très peu de personnes, non pas qu’elles pensent comme moi, mais je les sais respectueuses et ouvertes à entendre une voix différentes de la leur. J’avais donc plus de chances qu’en partageant mon travail, je tombe sur des personnes comme moi. Et j’ai trouvé quelques personnes. Mais la majorité sont encore bien dans le déni, notamment les parents qui ne supportent pas qu’on leur dise qu’ils font mal (et qui se sentent systématiquement piqués au vif).

      À bientôt par ici ou ailleurs 🙂

  2. bruno

    peut-être n’y-a-t-il pas besoin d’être parfait pour s’accepter ou faire des enfants…la perfection n’est pas un but a atteindre mais un chemin a parcourir (dont il est bon de sortir de temps en temps !)
    le bonheur est un choix (contrairement au plaisir, a la souffrance) qu’il faut savoir prendre ou non !
    nous sommes tous des êtres de lumiere et ceux qui ne sont pas comme vous ne sont pas forcement dans le deni !, ils sont juste différents…mais très cons pour beaucoup (et oui après ces belles paroles…on a tous des défauts…il faut les connaitre et en rire !)

    • Sophie

      C’est parce que faire des enfants est un but à atteindre pour 99% de la planète qu’il faut arrêter avec la propagande. Mon but n’est pas d’atteindre la perfection, mais d’essayer d’améliorer le monde. On est tellement peu à prôner le fait de ne pas faire d’enfants, stop au « pas besoin d’être parfait pour faire des enfants », on est au courant, les journaux le disent chaque jour dans les faits divers.

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