Comment faire une auto-thérapie primale (3 : Le quotidien)

Au fond, vivre c’est se soigner, c’est à dire « prendre soin » de soi. Pourquoi se soignerait-on uniquement lorsque la souffrance affleure de manière évidente ?

J’ai tenté de dresser une liste, non-exhaustive des bonnes pratiques pour se récupérer au quotidien.  Cette liste m’a été inspirée par les outils de thérapie de Darius Cikanavičius, adaptée bien-entendu à mes propres expériences et ma pratique thérapeutique.

 

S’écouter

Qu’est-ce que je veux vraiment ? Beaucoup de personnes échouent à répondre à cette question, qu’elles y répondent trop vite, ou qu’elles ne parviennent pas à se satisfaire de la réponse. Le parent introjecté censure la réponse.

Chercher ce que l’on veut, ce n’est pas forcément mettre immédiatement en application cette volonté. On peut sentir profondément notre désir, notre besoin, et puis l’abandonner, ou travailler dessus.

Par exemple, je me rappelle avoir récupéré une bonne partie de ma « volonté » en ressentant la chose suivante : « Au fond, ce que je veux vraiment, c’est être un petit bébé couvé par une bonne maman. » Et comme je le ressentais vraiment, profondément, sans censure (« Ça ne sert à rien de vouloir des choses impossibles », « Tu rêves ma pauvre fille », « Il vaut mieux faire le deuil de ce besoin »), je me mis à crier en exigeant : « Je veux être un bébé ! Je veux ! Je veux ! Je veux ! »

C’était très libérateur et satisfaisant !

De la même façon, vouloir « tuer quelqu’un » ne va pas l’anéantir dans l’instant ! On peut le tuer sur un coussin, et comprendre enfin la source de la rage et de la colère qui nous anime.

Il peut s’agir aussi de vouloir expérimenter quelque chose, partir quelque part, contacter quelqu’un…

 

Couper les ponts

Se séparer des personnes qui nous font du mal est très important. Cela permet de se récupérer, car on est l’esclave psychologique d’une personne qui nous heurte. Nous continuons à la fréquenter, par espoir qu’elle change, et finisse par nous faire du bien. Nous sommes dépendant du sentiment d’espoir (plus agréable que le sentiment de deuil).

Les parents

Couper les ponts avec les parents est permis, autorisé. Rien en ce monde ne vous oblige à fréquenter vos parents. Surtout s’ils continuent à vous faire du mal. Si par contre, aujourd’hui, ils entretiennent des relations chaleureuses avec vous (conditionnées à votre bon comportement avec eux, et donc la répression de votre colère), il peut être nécessaire de les confronter pour commencer, avant de les fuir, afin de démystifier la belle image de carte postale qu’ils entretiennent depuis des générations.

Comment savoir si vos parents sont toxiques pour vous ?

  • Vous êtes terrifié à l’idée d’agir comme bon vous semble avec eux.
  • Vous craignez de leur dire non.
  • Vous vivez des épisodes de dépression après chaque contact avec eux.
  • Ils vous semblent « bons », tandis que vous vous jugez « mauvais »
  • Vous les haïssiez adolescent, mais depuis que vous avez « muri », vous les comprenez mieux.
  • Vous pensez souvent « ils sont comme ils sont, je ne peux pas les changer ».

Parfois, on est vraiment terrifié par ses parents, ou même par l’un des deux, et on se résigne à les fréquenter, trop effrayé pour pouvoir leur dire « merde ». Si par exemple votre père est du genre à dire « Ça fait des années que je n’ai pas eu à te mettre une baffe, mais je peux très bien encore le faire », si vous osez le contredire par exemple, cela signifie que vous êtes en grand danger, car vous êtes menacé de coups si vous agissez librement. Mais il peut s’agir de cris, d’insultes, de mépris, de calomnies ou de punitions plus ou moins subtiles. Quant à la dissociation provoquée par les abus sexuels, elles peut prendre complètement la victime en otage.

Dans ce cas, et je sais que vous pouvez en avoir besoin, car moi-même j’ai reçu « l’autorisation » d’Alice Miller et cela m’a permis de me libérer progressivement d’une mère toxique, puis d’une famille entière :

Vous avez le droit de FUIR. Fuir est condamné moralement par la société. On traite les enfants qui fuient de « fugueurs ». Une fois, j’ai été traitée par un prof de théâtre sadique, qui m’humiliait de « démissionnaire », parce que je voulais quitter la salle de torture.

Or, vous avez le droit. Légalement, depuis que vous êtes majeur (c’est bien triste, il faut attendre 18 ans pour avoir ce droit), vous avez le droit de ne souhaiter aucun contact avec qui vous souhaitez.

Vous avez la possibilité de vous cacher, si nécessaire. Bloquer les numéros de téléphone, les mails, déménager, tout cela est autorisé !

Il sera toujours temps de les confronter, voire de les attaquer en justice si besoin (il est autorisé de porter plainte pour des viols commis sur vous enfant, jusqu’à 38 ans.)

 

Les conjoints

Se mettre en couple, c’est pour beaucoup de personnes l’opportunité de récupérer ce qu’elles n’ont pas reçu enfant, de la part de leur conjoint. Se mettant alors totalement à la merci de bon parent illusoire, elles se trahissent, et se rendent esclaves d’une relation qui leur nuit.

Comment savoir si votre conjoint nuit à votre Soi :

  • Il/Elle vous maltraite : humiliations, coups, critiques permanentes, insultes…
  • Il/Elle vous aime seulement si vous êtes autrement que vous-même.
  • Il/Elle vous aime seulement si vous agissez différemment de vos goûts et vos choix.
  • Il/Elle vous ment, vous cache des choses.
  • Il/Elle vous culpabilise de vos choix.
  • Il/Elle vous impose sa volonté (notamment des relations sexuelles).
  • En général, vous pouvez dire que vous le/la craignez.

Se confronter aux sentiments provoqués par la solitude, le célibat, est très bénéfique. Oui, le deuil d’une relation de couple, où l’on a créé de l’attachement, est difficile et peut paraître même parfois insupportable.

Si vous prenez l’habitude de suivre cette auto-thérapie primale, vous trouverez en vous, progressivement, le courage d’affronter cette rupture.

Les amis

 

Combien de personnes sont tout à fait attaché à une figure d’autorité dans leur vie, qu’elles considèrent comme leur meilleur ami ? Si vous possédez vous aussi ce ou cette grande amie, que vous trouvez mieux que vous, à côté de qui vous vous sentez misérable, qui vous a blessé à de nombreuses reprises, mais dont vous tentez d’enfouir le souvenir, alors cet ami pourrait bien être nocif pour vous.

Dans l’ensemble, de quels « amis » vaut-il mieux se séparer ?

  • Ceux qui vous maltraitent, verbalement, physiquement.
  • Ceux qui agissent à l’encontre de vos valeurs.
  • Ceux avec qui vous vous sentez obligé de jouer un rôle.
  • Ceux qui vous séduisent tout le temps, pour faire passer la pilule de leurs mauvais comportements.
  • Ceux qui vous disent des choses blessantes « pour votre bien » (Je vais être très franc avec toi…)
  • Ceux qui veulent constamment vous forcer à faire, ou choisir certaines choses.

 

Vivre plus simplement

Pour vivre plus simplement, il faut définir ses besoins réels.

Par exemple, si votre besoin actuel est de voyager, avez-vous réellement besoin d’acheter une nouvelle voiture maintenant ?

Pouvez-vous vous réaliser dans une ville moins chère, dans un logement moins grand ?

Pouvez-vous vous débarrasser de vos possessions inutiles ?

Avez-vous réellement besoin de travailler autant pour gagner de quoi partir en vacances ? (En travaillant moins, vous pourriez être en repos plus souvent).

Devez-vous réellement participer à ce projet ? Devez-vous vraiment vous engager dans ces actions ?

Est-il nécessaire de contacter cette personne ?

Faut-il vraiment « finir ce travail » aujourd’hui ?

Être débordé, de travail, d’activités, de choses à faire, de problèmes à régler, vous empêche complètement de vous connecter à vous-même.

Prenez un peu de temps, reconsidérez votre vie, réfléchissez à ce qui est important, faites du tri.

 

Écrire

Écrire permet d’exprimer des émotions, de déplier sa pensée et ainsi d’approfondir le travail sur soi-même. Il n’est pas facile pour tout le monde d’écrire, encore une fois lié au problème de la censure intérieure, alors voici ce que je recommande :

  1. Ne montrez à personne ce que vous écrivez (sauf si vous le désirez). Faites en sorte que vos écrits restent personnels, et que personne ne puisse les lire.
  2. Dites ce qui vous passe par la tête sans vous arrêter. Cela peut-être « Je sais pas quoi écrire, je suis nul, j’arrive à rien, j’ai aucune inspiration, que dire, c’est nul d’écrire ».
  3. Écrivez dès le matin, pendant au moins 1h. La première demi-heure « vide » le surplus accumulé. La deuxième crée, comprend, réalise.

Ces 3 conseils sont à tester pour toutes les personnes qui ont du mal à exprimer ce qu’elles ressentent, mais aussi pour les personnes à l’écoute. À l’écrit, on dénoue parfois des choses que l’on arrive pas à comprendre juste en pensant, ou même à voix haute.

Écrire peut se faire à n’importe quel moment de la journée, dès que vous vous sentez mal, ou peu connecté à vous-même. Parfois, je me lance dans des journées « marathon d’écriture » où j’écris du matin au soir. Je mets ainsi à plat énormément de choses et je prends beaucoup de plaisir à plonger ainsi dans ma tête et à explorer la plus passionnante bibliothèque du monde, celle de mon Soi.

 

Analyser vos rêves

 

Le matin, il peut être bon pour vous d’analyser vos rêves. Les écrire vous permettra de réaliser certaines choses. Écrivez l’histoire de votre rêve, les sentiments que vous avez ressenti. Une fois écrit, vous pouvez vous relire, et essayer de décrire les sentiments ressentis pendant le rêve.

Parfois le sentiment n’est pas lié à l’histoire, et les symboles sont utilisés comme support. Par exemple, si vous rêvez que vous voyagez en avion, ne cherchez pas forcément à quoi vous fait penser un avion (même si vous pouvez le faire), mais le sentiment que vous éprouviez dans ce voyage.

Parfois, ce sont les mots qui sont utilisés qui sont important. Comme dans ce rêve où mon petit ami me prend ma trompette pour la donner à quelqu’un d’autre. Mon sentiment est très violent, et au réveil, en écrivant « trompette », je pense immédiatement à « tromper », et je me rappelle une blague qu’il m’a faite quand je lui dis un jour « Je vais trompetter » (jouer de la trompette) et il me répond « Tu vas tromper T ? Qui est ce T? » Je ressens alors clairement que je me sens trompée par lui, et qu’il donne quelque chose que je considère m’appartenir, à quelqu’un d’autre.

 

Passer du temps seul

 

Il y a deux manières d’être seul.

La première est subie. On se retrouve seul, un soir, un week-end, ou même, pour ceux dont la solitude est un fléau constant, pendant des mois ou des années. Et on fuit. On se distrait avec des stratégies d’évitement, lecture de romans, films amusants, jeux vidéos, drogue…

La deuxième est choisie. On profite d’être seul pour faire enfin ce que l’on doit faire, afin de se soigner.

Pour savoir quoi faire ces jours de solitude bénéfique, lisez mon article sur l’isolement. Il est possible de reproduire chaque jour qu’il vous plaira les principes de l’isolement.

 

Se documenter

Il existe en ce monde, des ressources considérables en matière de pensée, informations, idées…

Faire sa recherche intérieure, c’est aussi lire, que ce soit des livres, des blogs, ou des forums, regarder des films, ou des documentaires.

Documentez-vous comme l’enquêteur se documente pour faire son enquête. Cherchez à mieux comprendre pour évoluer. Chaque livre vous amènera à faire des recherches, qui vous amèneront à lire d’autres livres, qui vous amèneront à rencontrer des personnes, qui vous amèneront à regarder des films…

Ne vous forcez surtout pas à lire, ou à regarder ce qui ne vous accroche pas. Tout doit être vécu par goût, choix et passion.

 

Pratiquer l’empathie

Nous avons tous grandi dans ce monde, violent, insensible, empli de déni. Et la plupart d’entre nous n’avons pas eu la chance de recevoir suffisamment d’empathie pour en avoir. Ou encore, beaucoup de personnes évitent de prendre conscience de certains abus, pour ne pas ressentir les abus dont ils ont eux-mêmes été victimes.

Pratiquer alors l’empathie régulièrement peut vous permettre d’accéder à une reconnaissance émotionnelle des abus subis.

Il suffit de vous demander « Que ressent-il ? »

Un exercice simple (mais qui peut être insoutenable pour certains, cela a été mon cas pendant longtemps, tellement je « reconnaissais » en moi les souffrances de l’enfant) :

Posez-vous sur un banc, dans un parc, pas loin d’un espace de jeux pour enfants, et suffisamment près pour entendre clairement les paroles. Observez. À chaque fois qu’un adulte a une interaction avec un enfant, demandez-vous ce que l’enfant ressent.

Que ressent Jérémy quand on hurle son prénom avec autant de violence ? Que ressent ce bébé qui apprend à marcher et regarde régulièrement sa mère, tandis qu’elle est sur son smartphone ? Que ressent cette fillette de 8 ans à qui on intime l’ordre de surveiller son petit frère ?

Faites-le régulièrement, dans les bus, le métro, la rue…Développez votre empathie vous permettra de mieux vous comprendre vous-même en tant qu’enfant, et la manifestation directe de cette reconnaissance émotionnelle sera une énergie de bienveillance et une volonté de changer le monde pour plus de bien-être entre les humains.

Observez aussi ces êtres vulnérables que sont les animaux. J’observe souvent les chiens, et je réalise à quel point le traitement infligé par l’Homme sur lui est intolérable. Par exemple, ce chien qui attend au pied de son maître, attaché par une laisse, pendant que celui-ci discute. Est-il acceptable que cet homme, qui a choisi ce chien comme compagnon de route, le traite ainsi ?

 

Veiller aux stratégies d’évitement

On y revient sans cesse. Je ne suis pas la dernière à fuir régulièrement mes sentiments dans des activités qui me protègent de la souffrance.

Il est important dans tous les cas, de prendre conscience de notre évitement. Et de se pardonner. Parfois, il m’est très difficile d’affronter un sentiment, alors je pleure et je dis à voix haute : « Je n’en suis pas capable maintenant. » Et j’ai beaucoup de compassion et d’affection pour moi-même.

Souvent, après avoir autorisé mon corps consciemment, à ne pas affronter tout ça s’il n’en est pas prêt, je suis prise d’une nouvelle énergie et le courage me revient. J’affronte alors ces sentiments, non par devoir, mais par amour pour moi.

Ce qui peut être grave pour vous, c’est de considérer que votre stratégie d’évitement fait partie intégrante de votre Soi. Si vous avez un doute, demandez-vous simplement si vous savez ce que vous ressentez, si cette activité n’a pas remplacé vos démarches de soin, écriture, séances de vidage, écoute de vos sentiments et connexion à vous-même.

 

 

Transmettre

Transmettre aux autres nos découvertes intérieures, nous permet non seulement de participer activement à la marche du monde, et de s’intégrer à la société d’une manière qui correspond entièrement à nos valeurs, mais aussi de partir à la rencontre d’autres qui sont sur le même chemin que nous.

Le partage de ses découvertes est aussi altruiste qu’égoïste. (Dans le bon sens du terme, la société ne valorise pas le principe de subjectivation, et tous les mots qui parlent de « vivre pour soi » signifient « qui rejette les autres : Individualiste, égocentrique, antisocial…)

Comment transmettre ?

  • En discutant avec des gens
  • En tenant un blog
  • En écrivant un livre
  • En faisant des films
  • En écrivant des chansons
  • En discutant sur des forums, sur les réseaux sociaux
  • En apprenant aux autres
  • En soignant, conseillant d’autres personnes

Vous n’êtes pas obligé de vous exprimer comme un universitaire, ni même d’être un grand expert dans le domaine de la psychologie pour transmettre vos valeurs, il est tout à fait possible de communiquer votre façon de penser au travers d’un blog de peinture par exemple !

 

Expérimenter

 

Se soigner, ce n’est pas que faire le deuil et plonger dans son passé, c’est aussi vivre en harmonie avec son Soi. Agir en conscience et écouter notre part curieuse et créative nous permet d’avancer sur un chemin plus lumineux.

Il existe tant de choses à expérimenter sur cette planète ? Que n’avez-vous jamais fait ? Certainement beaucoup de choses !

J’aime souvent poser ce genre de questions aux personnes qui sont en berne au niveau des idées et de la créativité :

  • Si vous aviez 1 milliard d’€ qui vous tombaient dessus demain. Que feriez-vous ? Faites un budget, vous pourriez être surpris qu’après avoir satisfait tous vos désirs les plus enfouis (et déjà ça donne des idées), il reste encore des centaines de millions. Voilà qui peut vous permettre de mettre en place des projets. Si après tout votre désir est de faire le tour du monde, de quelle manière pouvez-vous mettre en place ce projet ?
  • Imaginez-vous renaître une deuxième fois, avec cette fois-ci une vie idéale, depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui ? Comment se déroule-t’elle ?  Faites un carnet de vie imaginaire, avec des collages, des dessins, des photos. Et développez en vous à nouveau cette créativité, cette richesse de désirs qui vous amèneront à changer votre vie, à prendre une nouvelle route, à mener de nouveaux projets.

Il n’y a rien qui ne soit interdit de tenter pour se soigner (je ne recommande pas de faire souffrir d’autres personnes), même si vous devez faire des choses illégales, comme escalader un building, prendre une drogue, ou voler un vêtement dans un magasin. Je ne dis pas « C’est sain », ni « C’est bien », mais il y a tellement de choses que votre corps vous indique et qui sont signifiantes, par rapport à votre passé et vos besoins enfouis, que vous n’aurez jamais l’occasion de découvrir les mystères de votre Soi, si vous n’en passez pas par quelque chose que votre corps indique de faire.

Par exemple, en 2010, je suis allée dans la jungle amazonienne pendant 1 mois, pour prendre de l’ayahuasca, une plante qui détruit toutes les défenses et fait accéder à des traumatismes enfouis. C’était très violent, et cela ne m’a pas fait du bien au niveau de ma santé. Certes, maintenant, j’ai conscience du danger que j’ai pris en faisant cette expérience, car à l’époque je ne savais pas vraiment quels étaient les effets de cette plante. Mais au final, elle a vraiment brisé des défenses, et m’a permise d’accéder à des informations que je ne regrette pas de posséder aujourd’hui. J’ai fait ce choix, je l’assume, et je reste certaine que m’être écoutée en faisant ça à l’époque, fait partie intégrante de la récupération de mon Soi.

Nous sommes des adultes, nous pouvons faire des choix pour nos propres vies qui n’engagent que nous-mêmes, et devons assumer les conséquences de ces choix.

 

Se responsabiliser

Je ne suis pas forcément d’accord avec toutes les théories sur la communication non-violente, qui peut dériver en répression de nos émotions. Si quelqu’un nous attaque, il est à mon avis sain de se défendre, ou même de se mettre en colère. Exprimer des émotions fait partie de notre constitution biologique normale.

Mais souvent, nous nous comportons avec les autres comme s’ils étaient des objets destinés à satisfaire ou à guérir l’enfant blessé en nous. Nous considérons alors légitime d’agresser l’autre, sous prétexte que nous ressentons une émotion.

Le comportement d’une autre personne peut provoquer une remontée émotionnelle due à vos maltraitances. Il ne s’agit pas de considérer que nous nous trompons sur les intentions de l’autre. Faire confiance à notre système d’alarme émotionnel est très important. Mais c’est le mal-être que provoque cette émotion en vous, que vous devez absolument prendre en charge et ne pas faire peser sur l’autre.

Par exemple :

Votre ami arrive en retard d’une demi-heure à un rendez-vous, et ne s’excuse pas.

Ce n’est pas un comportement sain. Cette personne vous considère comme sa chose, puisque vous devez l’attendre, et ne s’excuse pas puisque vous êtes censé ressentir une grande joie à l’attendre, et à être à sa disposition.

Par contre, votre sentiment n’est pas juste le ressenti clair de cette attitude. Vous « voyez rouge ». D’une part, parce qu’on ne vous a jamais autorisé à ressentir la colère, l’injustice, et d’autre part, vous craignez de perdre votre ami en vous confrontant à lui. Il en résulte de grandes remontées de violence liées à l’interdiction d’exprimer votre ressenti, et au lieu de dire simplement : « Je n’apprécie pas que tu me considères comme ça, je ne suis pas à ta disposition. Quand tu es en retard, merci de me prévenir ou au moins de t’excuser. » ou encore, si cette personne a tendance à ne jamais être consciente de ses agissements et se comporte comme cela à tout bout de champs, de simplement ne plus la fréquenter, sans avoir d’animosité, parce que cette personne est visiblement incapable d’empathie et de conscience, au lieu de cela, vous allez « faire la tête » pour punir la personne de son retard, mettant beaucoup d’animosité entre vous. Vous réprimerez une grande colère, qui finira par éclater de manière violente, ou encore vous lancerez constamment des piques à la personne, pour distiller cette violence à petit feu (et cela est très agressif aussi).

Les incapacités des autres ne doivent pas devenir votre champs de bataille. C’est vous-même que vous devez investiguer. Essayer de changer l’autre pour qu’il « s’occupe mieux » de vous est malsain. C’est le traiter comme votre chose, et si vous faites cela, vous ne faites pas mieux que votre agresseur.

Il ne s’agit encore une fois pas de parler avec l’autre, en pleine conscience, de vos comportements respectifs, en s’assurant que les deux personnes sont d’accords pour cette discussion éclairée.

 

Se faire aider

Parfois, on a besoin d’un coup de pouce dans notre auto-thérapie. Un bon thérapeute n’est pas destiné à devenir votre gourou, votre dieu, ou votre maman. Il doit être un collaborateur actif à votre avancée personnelle.

Quand faire appel à un thérapeute ?

  • Quand on a jamais reçu aucune bienveillance ni écoute, il peut être bon de payer quelqu’un pour en recevoir un peu, et ressentir la joie d’être soutenu et compris. (Il faut veiller à chercher une personne bienveillante, ici la méthode pour trouver un thérapeute et si vous parlez anglais, le « meetic » des patients et psys Reparent-Me).
  • Quand on est bloqué dans notre avancée, et qu’on a besoin d’un retour.
  • Quand on a totale confiance en une personne et qu’on souhaite son « autorisation » pour prendre soin de soi-même.

 

Rester célibataire

Si un couple conscient est très enrichissant dans le développement de soi, le célibat est aussi une formidable opportunité de se reconnecter avec soi-même.

Comme il existe très peu de personnes conscientes, la possibilité de rencontrer quelqu’un qui soit investi dans la même démarche thérapeutique et de responsabilisation de ses émotions est assez moindre.

La plupart des personnes qui se mettent en couple le font pour ressentir le bien-être du nourrisson couvé par son bon parent. Et dès lors que le conjoint ne répond plus à ce besoin, beaucoup de souffrances sont à redouter. (Se responsabiliser de ces souffrances peut être aussi un formidable bon dans notre connaissance de nous-même).

Déjouer ses souffrances dans l’illusion d’un couple idéal est très névrotique, et néfaste. Alors, plutôt que d’épuiser votre énergie à trouver enfin la « bonne personne », concentrez-vous sur vous-même et si vous devez un jour, rencontrer quelqu’un qui est dans la même dynamique que vous et partage les mêmes valeurs, il sera toujours temps de vous demander « Que vaut-il mieux pour mon Soi actuellement ? Me mettre en couple avec cette personne ou demeurer célibataire ? »

Si vous êtes déjà en couple, suivez le guide plus haut des « conjoints toxiques », pour vous assurer que vous n’êtes pas dans une relation qui vous nuit. Et si vous êtes avec quelqu’un qui vous soutient, avec qui vous vous sentez bien, essayez d’aborder avec lui/elle vos démarches thérapeutiques et posez-vous les questions suivantes :

  • Est-ce que mon conjoint/ma conjointe cherche à se soigner de ses blessures, est-ce quelqu’un de conscient ?
  • Est-il important pour moi de partager ma vie au quotidien avec quelqu’un qui partage mes valeurs ?
  • Dois-je/Puis-je entamer une période de célibat, sans affecter l’affection que nous nous portons mutuellement ?
  • Est-ce qu’il/elle m’empêche de faire mon auto-thérapie correctement, désirant que je m’occupe plus d’elle/de lui ?

 

Ne pas faire d’enfants

Tout d’abord, je m’adresse aux personnes qui n’ont pas d’enfants.

Il y a deux façons de faire un enfant :

  1. Considérer que l’enfant est à la disposition du parent
  2. Considérer que le parent est à la disposition de l’enfant

Il n’existe pas d’entre-deux, car si vous ressentez pleinement l’importance de vous mettre totalement à la disposition de votre enfant pour son bien-être, vous ne profiterez pas de lui.

Mais quelle que soit la manière dont vous envisagez votre parentalité, l’enfant vous demandera une énergie considérable, qui anéantira toute possibilité de vous récupérer vous-même pendant de longues années. Comment vous reconnecter à vous-même si vous devez être 100% à l’écoute d’un petit être vulnérable qui a besoin de toute votre attention ?

Comment s’occuper du bébé souffrant qui se niche dans votre corps, tout en s’occupant de façon saine d’un nouvel être humain qui demande un bon parent, sain, sans problèmes émotionnels comme ceux que vous avez ?

Les théories pseudo-féministes qui visent à affranchir la femme de son statut de mère, détruisent toute la beauté de la relation entre une mère et son bébé. Associer carrière et parentalité est à mon avis un crime, car vous considérerez alors votre enfant comme étant à votre disposition, faisant de lui la chose qui répond à vos besoins, ne vous dérangeant pas pendant que vous bâtissez votre névrotique carrière.

Se soigner, quand on a un enfant, c’est la croix et la bannière. Et j’ai eu plusieurs patients qui étaient parents, c’était pour eux que la tâche était la plus difficile. Parce qu’en plus de devoir ressentir les traumatismes de leur propre enfance, ils devaient obligatoirement se confronter aux reproductions des maltraitances subies sur leurs propres enfants. Et quand on fait une thérapie, on a besoin de se sentir une bonne personne, pas un démon qui a gâché la vie de ses enfants.

Alors, si vous souhaitez guérir, ne faites pas d’enfants en même temps.

Et j’irai même plus loin, en disant que je ne ferai jamais d’enfants parce que je pense que si 10% de cette planète se concentrait sur l’éveil de sa propre conscience et sa reconnexion émotionnelle, au lieu de s’occuper de reproduction, le monde pourrait aller bien mieux, bien plus vite.

Pourtant, et là je m’adresse aux parents, vous avez fait des enfants en ignorant dans quelle situation de souffrance vous étiez, et vous l’avez découvert par la souffrance de la parentalité.

Vous vous retrouvez alors dans une situation très difficile, et la pire solution serait de faire un nouvel enfant pour oublier tout ça.

Vous n’avez alors pas d’autre choix que de faire au mieux, avec ce que vous savez, et ce que vous pouvez. Travaillant sur vous-même quand vous ne vous occupez pas de vos enfants, reconnaître le mal que vous avez fait et vous excuser auprès d’eux, afin de développer une nouvelle relation, couper les ponts avec votre famille toxique qui vous explique qu’il faut dresser vos enfants mieux que ça…Et tout ce que vous parviendrez à faire, dans un délai qui vous est possible.

Encore une fois, ici, il sera sain de se demander si votre conjoint/conjointe ne sabote pas vos efforts en continuant de maltraiter vos enfants, tandis que vous avez ouvert les yeux.

 

Bon courage à tous dans votre quotidien de guérison.

 

2 Comments

  1. Catherine

    Bonjour, à propos de ce passage : « Il ne s’agit encore une fois pas de parler avec l’autre, en pleine conscience, de vos comportements respectifs, en s’assurant que les deux personnes sont d’accords pour cette discussion éclairée. »
    Est-ce qu’il n’y aurait pas une négation de trop ou une contradiction dans ce passage ? Ou alors je n’arrive pas à comprendre, car il me semble sain d’avoir un échange avec l’autre pour s’expliquer.

    • Sophie

      Oui, c’est en rapport avec la phrase précédente : Essayer de changer l’autre pour qu’il « s’occupe mieux » de vous est malsain. > Je ne parle pas de parler avec l’autre, en pleine conscience, qui pour le coup, n’est pas malsain. 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *