Comment faire une auto-thérapie primale (1: Vider)

Je ne vais pas vous apprendre ici à pratique la thérapie primale telle que l’a développée Janov, même si le principe reste le même. Je vais essayer de vous enseigner ma méthode, celle qui m’a permise de guérir, de libérer énormément de tensions et de traiter par le fond de nombreux problèmes et symptômes.

Voici les gros problèmes que j’ai totalement évacué de mon corps :

  • La dépression (chronique de mes 10 ans à mes 30 ans)
  • Crises d’angoisses
  • Manque de confiance en moi
  • Tendance à l’auto-destruction
  • Sentiment d’être perdue/folle/bizarre
  • Douleur aux cervicales (chronique)
  • Grosse difficulté à monter, escalader, lourdeur dans les jambes

Et leurs conséquences directes :

  • Dépression = je tentais de protéger mon corps de ce gouffre obscur, en essayant de vivre le plus possible d’expériences positives, en déployant une énergie considérable, en me faisant remarquer, en faisant le clown tout le temps, en riant, parlant plus fort que tout le monde, en prenant toute la place, en attirant l’attention sur moi.
  • Crises d’angoisses = je faisais l’autruche pour tout, je me droguais, je buvais pour oublier, me détendre, j’étais hyper-active. Une seule minute d’inactivité me faisait sentir mal.
  • Manque de confiance en moi = j’essayais de me définir par des actions, j’essayais « d’être » quelqu’un, d’avoir une personnalité bien définie, j’étais souvent désespérée de ne pas parvenir à me trouver « un style ».
  • Tendance à l’auto-destruction = j’attirais à moi toutes les personnes et situations qui allaient me nuire, puis je dépensais une énergie folle à m’en défaire.
  • Sentiment d’être perdue/folle/bizzare = je prenais ces côtés de moi pour en faire une personnalité « artistique », mon art n’avait aucun sens à part pour mon inconscient et cela n’avait aucune utilité puisque je ne cherchais même pas à mieux me comprendre (et une fois guérie, j’ai halluciné sur le sens caché de mes poésies, que je ne voulais même pas leur donner à l’époque)

Bref, quand on a vraiment évacué de façon primale ses névroses, on résout non seulement les symptômes désagréables, mais on se débarrasse aussi des conséquences catastrophiques sur notre vie, que l’on croit remplir, alors qu’on ne fait qu’en meubler le vide.

Moi j’appelle cela « vider ». Parce qu’on se débarrasse du superflu, qu’on nettoie, pour que puisse enfin pousser depuis son propre Soi, l’arbre qui nous ressemble. La richesse qui nous remplit alors est incomparable à tout ce bric-à-brac inutile et chaque sentiment, action prend sa place dans un univers ordonné, harmonieux. Et s’il reste des éléments à nettoyer, des phénomènes non résolus, alors on le sait, et du moins peut-on placer ces éléments dans des casiers « à trier », au lieu d’essayer d’en faire des composantes de notre Soi, et ainsi le fausser.

 

Dans cette première partie, je vais donc vous apprendre comment ressentir et vider de façon primale :

Je vais vous donner un exemple de « vidage » pour que vous puissiez comprendre exactement en quoi cela consiste, puis je vous expliquerai ma méthode pour parvenir à cela.

Un jour, je ressens un sentiment de grande jalousie par rapport à une fille qui me « prenait » mon petit ami.

J’ai un sentiment horrible dans ce genre de situation, que j’essaie depuis toujours de voiler, en n’y prêtant pas trop attention, ou en essayant de le résoudre par la crise de colère à mon conjoint : « Tu l’aimes elle, et pas moi ! » (Même si je ne me trompais pas, cela déclenchait en moi une sensation insupportable au lieu d’être gérable, et de pouvoir en discuter calmement avec lui.)

J’essaie alors de plonger dans le sentiment en me demandant ce que je ressens précisément.

Je vois alors mon conjoint et cette fille s’embrasser en riant et se moquant de moi.

Je plonge dans le sentiment qui est à présent « très vrai », et je me revois alors petite devant mes 2 parents, qui s’embrassent. J’ai environ 2 ans. Je leur demande de faire un bisou « avec eux ». Ils me rejettent. Je pleure d’humiliation (mes 2 parents s’aiment et moi je suis toute seule), et ils se moquent de moi, en riant « regarde-là cette grosse jalouse », « non c’est des bisous de grands, laisse-nous un peu ». Et comme je suis sur le sol, anéantie (je ne pleure même plus, car le sentiment était trop insupportable pour être géré par mon cerveau émotionnel de petite fille, presque bébé), ils s’embrassent sans prêter attention à moi.

Peut-être cette scène n’a t-elle duré que 5 minutes et que ma mère m’a ensuite prise dans ses bras pour me consoler, cela je ne m’en rappelle plus. Mais ça ne change rien à la blessure et à la dissociation émotionnelle qui s’en est suivie. Le souvenir s’était enfui de ma mémoire (je ne me souvenais que du début de la scène) et l’émotion était, elle, restée intacte, ne surgissant que par déclencheurs faisant écho à la scène originelle.

Je pleure alors les larmes et hurle les reproches que je n’ai pu me permettre de crier à l’époque, d’une part parce que j’étais « dissociée » de mon émotion, mais d’autre part, parce que mes parents très violents, ne l’auraient jamais autorisé. Si j’avais « fait une crise » je me serais pris une fessée de ma mère et des cris menaçants de mon père.

Je fais alors ma crise tranquillement sur mon lit, sans plus personne pour m’en empêcher.

Et quand c’est terminé (30 minutes ici environ), je suis tellement soulagée. Je n’éprouverai plus jamais cette sensation horrible de ma vie, je le sais, et si jamais des « restes » subsistaient, je n’en aurai plus jamais peur, et je pourrai les ressentir sans crainte.

Les conséquences très positives seront d’avoir dégagé une grande énergie alors utilisée par mon corps pour me protéger du sentiment, pour autre chose de plus enrichissant pour moi. Je peux aussi réfléchir calmement à la situation, sans qu’elle ne me fasse sur-réagir émotionnellement. Je peux analyser correctement que je ne suis pas en couple avec une personne qui m’aime réellement, mais je ne lui en veux pas, car je sais qu’il se ment à lui-même. Je comprends que je suis surtout en couple avec lui pour résoudre des vieux conflits internes, non par amour, et je comprends alors que je n’ai aucune énergie à dépenser pour sauver ce couple. Je comprends alors par déduction très logique, qu’il ne peut m’aimer pleinement puisque je ne l’aime pas moi-même. Tout devient très clair, et je ne ressens aucune angoisse à réfléchir à ces sujets. Je peux alors prendre une décision qui vient de « moi », un Soi guéri, non pollué par des expériences négatives et maltraitances du passé.

Mais la grande question qui s’est posée pour chacun de mes patients durant les 4 années où j’ai été psychothérapeute, c’était « Comment on fait ça ? »

La première chose, et celle que j’ai apprise au long de ces années, c’est « chacun développera sa propre technique ». Même si il y a une base commune, celle de plonger dans le sentiment, chacun aura son propre fonctionnement pour parvenir à ressentir mieux les choses.

Voici mes méthodes pour passer du sentiment « abréactionnel » (le sentiment déclenché comme la jalousie envers l’amie de mon conjoint) au sentiment véritable, puis à la « crise primale » qui permettra de vider le sentiment.

 

Déjà, j’ai deux types de méthode pour l’accès au sentiment véritable.

  • Par l’écriture : j’essaie de décrire le mieux possible le sentiment qui m’anime, en faisant des comparaisons, en cherchant à décrire le plus précisément la caractéristique particulière du sentiment qui m’anime. Par exemple, la jalousie que j’éprouvais ne peut se décrire comme simple jalousie. Il doit y avoir des éléments tels que « ils me regardent et se moquent de moi ». Et encore, j’ai été beaucoup plus loin, puisque je les voyais depuis le sol (bébé), qu’ils disent des choses précises comme « regarde-là », etc. Une astuce est de dire « c’est comme si… »
  • Par le questionnement du thérapeute idéal : vous l’imaginez assis/e à côté de vous, vous demandant « Qu’est-ce qui ne va pas ? » « Pourquoi ? » « Que ressentez-vous exactement ? » Ce thérapeute peut être n’importe qui, un ami, un écrivain de livre, un vrai psy que vous avez eu, en tout cas, la personne à qui vous aimeriez parler à ce moment-là, dont vous sentez qu’elle vous comprendrais parfaitement sur ce sujet.

Dans le cas du questionnement du thérapeute idéal, qui pour moi est la meilleure méthode quand on ressent bien son sentiment (l’écriture, je l’utilise quand je n’arrive pas à ressentir bien, ou pour traiter des choses encore plus en profondeur, qui nécessitent plus d’analyse, etc.), je conseille de se mettre dans une position très confortable, allongé, ou affalé, sur le dos ou le côté…, dans le noir complet, et si ce n’est pas possible, mettre un bandeau sur les yeux, et des boules quiès. Parfois, je me sentais aussi très bien avec une petite lampe rouge, qui reproduit un univers « utérin » et me permettait d’accéder à des choses vraiment anciennes.

Le but est de pouvoir vraiment plonger en soi-même, sans distraction aucune.

 

L’accès au véritable sentiment est parfois difficile, car on accepte pas du tout de ressentir certains sentiments trop désagréables ou menaçants. Voici les diverses méthodes que j’utilisais pour éprouver les sentiments les plus vrais :

  • Se regarder dans un miroir, afin de regarder vraiment ce que vous ne voulez pas voir. Notre visage et notre corps sont les réceptacles directs de nos projections les plus sombres. Si on a été haïs, enfants, on pensera alors que nous sommes haïssables et la première chose que l’on voit chez nous, c’est notre apparence, que nous trouverons haïssable. En me regardant dans la glace, j’ai vu ce que je cherchais à éviter à tout prix en me maquillant, me regardant en écarquillant les yeux, en me mettant sous mon meilleur profil…Je me suis vraiment regardée et j’ai vu une fille que je voyais (le mot a été difficile à trouver) « fourbe ». J’ai traité alors ce visage de tous les noms et j’ai reconnu la violence de ma mère envers moi.
  • Mettre une photo de nous qu’on déteste (même chose que pour le miroir), enfant, ado…Et essayez de décrire précisément ce que l’on voit.
  • Essayer de chercher un sentiment « inavouable », parce que condamné par l’ensemble de la société. Ces sentiments sont souvent « Je veux le/la tuer », « Je n’aime personne », « Je veux mourir/me suicider », « Je suis mauvais/e (méchant, mauvais fond…) ».
  • Accepter absolument tous les sentiments, y compris « je me sens vide » et « je ne sens rien ».
  • Prendre son temps, il faut parfois plusieurs heures pour accepter et sentir un sentiment.
  • Tous les sentiments ne sont pas forcément négatifs, il y a parfois des mélanges, qui correspondent à une réalité passée.
  • Essayer d’aller plus loin. Parfois, on pleure un peu et on se dit « voilà c’est vidé », mais en fait il y a un monstre caché derrière.

 

Voilà, j’espère que j’aurais pu vous aider à l’accès aux sentiments ! Dans la prochaine partie, je vous indiquerai comment pratiquer un isolement efficace pour permettre de se concentrer sur ses émotions, sans déjouer dans des stratégies d’évitement (télé, portable, etc.)

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.