Analyse de vie : Films, Domination, Trèfle

Ça fait longtemps que je n’ai pas rédigé une analyse de vie, et pour cause : je ne me sens pas vraiment connectée depuis un certain temps, ni à moi, ni à l’autre. J’essaie de me respecter au maximum en vidant le surplus émotionnel régulièrement et en écrivant toujours un peu le matin ou même parfois dans la journée, mais ça fait quelques mois que je n’ai pas passé du temps, ne serait-ce qu’une seule journée avec moi-même et mes ressentis pour seules compagnies. J’ai un peu récupéré ça hier, du coup, je me sens revenue à moi. En découle immédiatement l’envie d’écrire, pour partager, mais surtout dans un souci d’ancrage.

 

Films

 

Depuis que j’ai retrouvé Rono, j’ai eu mon envie de faire des films qui s’est libérée. Ou est-ce l’inverse ? Tout s’est mis en place très vite, comme à chaque fois que je trouve un chemin qui m’appartient vraiment. En à peine 2 mois, j’ai participé à un court-métrage, en tant que movie-maker (qui fait un peu tout sur le film avec les autres), réalisé un clip (expérience magnifique, dans la nature, avec une fille que j’apprécie et respecte beaucoup) et monté un gros projet de court-métrage, dont le tournage débute dans 1 semaine.

J’ai été pendant des années un peu bloquée par la technique, en me disant que je ne savais ni écrire un scénario, ni me servir d’une caméra, je ne comprenais rien aux termes « étalonnage », « balance des blancs »…Et ça me semblait une barrière infranchissable. Mais après le programme Clean, j’ai passé du temps à réfléchir posément à ce que je voulais faire.

Il y a eu un gros passage « je veux monter une grosse entreprise », qui symbolisait avant tout mon énergie créative débordante (seule une énorme entreprise me semblait correspondre à ce niveau d’énergie), mais les semaines passant, ma satisfaction décroît, et je n’ai plus aucun enthousiasme pour cette entreprise.

Mon blog est ma source de revenus, mon mécénat personnel quelque part. Ce n’est plus une passion en soi, mais je le fais tout de même avec passion, et cela est du au forum de la formation avant tout. Je ne cesse d’être en contact avec de nouvelles personnes, et je reçois une bonne dose de retours positifs.

Je dois d’ailleurs veiller constamment à ne pas me laisser aller à devenir un gourou. Les gens deviennent tes disciples avant que tu n’aies eu le temps de dire ouf. Je comprends comment ceux qui ont manqué d’admiration toute leur vie peuvent se laisser aller à devenir ces maîtres à penser et se gargariser du sentiment de gloire. Cela me fait réaliser à quel point nous avons été drogués aux compliments, comme de braves toutous. J’ai la chance énorme de ne pas avoir ce penchant. J’aurais même plutôt le problème inverse : je me méfie des compliments qui me semblent toujours s’adresser à quelqu’un que je ne suis pas, à une projection de la personne qui la dit. Il m’est arrivé très rarement d’apprécier un compliment. Le dernier que j’ai en tête est qu’on m’a dit que j’étais une extra-terrestre, ce qui m’a remplie d’une grande joie, et d’un grand sentiment de reconnaissance. (lol)

Bref, revenons à l’expérience filmique. J’ai donc passé mon temps quasi complet à écrire un scénario, à caster et faire répéter les comédiens. J’ai pu renouer contact avec une ancienne copine de formation théâtre que j’appréciais beaucoup et elle va jouer un rôle très intéressant de mère maltraitante.

Je suis vraiment contente, car les comédiens s’investissent beaucoup dans leur travail, et exactement comme il faut travailler, en plongeant dans la connaissance du personnage qu’ils doivent jouer. J’ai déjà pu déceler mes points forts dans ce domaine : créer de bons personnages et la direction d’acteurs. Je sens que je vais devoir faire un très gros effort par rapport à la qualité et la précision. J’ai une tendance naturelle à bâcler. J’ai pu le voir pendant la réalisation du clip. Je faisais mal le point par exemple et il a fallu retourner des scènes. Je vais devoir faire très attention à ça.

8 jours, avec un ami comme assistant-réal : je suis vraiment contente qu’il ait souhaité le faire, car on a une grande facilité à rester ensemble pour de longues périodes, et c’est quelqu’un qui travaille déjà avec l’image, il aura donc un feeling avec tout ça. Une super maquilleuse effets spéciaux qui fait des cicatrices et des vieillissements hyper réalistes, des comédiens géniaux qui trouvent des idées enthousiasmantes pour leur personnage.

J’ai appris à lâcher prise sur les démissions : il y a eu 3 acteurs importants qui ont lâché leur rôle en cours de route, et à chaque fois j’ai été inquiète, pour finalement trouver en remplacement une personne beaucoup mieux. Du coup, quand le rôle du frère a été abandonné pour la 2ème fois (un rôle très difficile), j’ai eu totalement confiance sur le comédien que j’allais trouver au final.

Il y aurait tellement de choses à dire, je ne sais pas vraiment dans quel ordre dire les choses.

J’adore le storytelling des mouvements de caméra : dire quelque chose par un plan, un mouvement, une distance, un rythme. C’est le plus difficile, mais j’ai confiance, car j’aime tellement ça que je ne pourrai que finir par réussir.

J’ai déjà plusieurs autres projets et scénarios en tête pour la suite, et ça me donne aussi beaucoup d’élan et une bonne raison de poursuivre mon blog financeur.

Mais peut-être devrais-je dire un mot sur le scénario : je me rends compte que j’ai évité de le faire parce que j’ai terriblement peur qu’on trouve ça nul. C’est marrant : tout a commencé avec ce scénario (que je trouvais fantastique) et finalement, j’ai très peur qu’il soit naze. Mais je sais pourquoi. Tous les conseils, les court-métrages que l’on voit dernièrement, sont des formats très courts (nikon festival par exemple). Un gros symbole de notre société qui ne veut plus prendre le temps de rien. Et je ne suis clairement pas « à la mode » avec mon scénar plutôt long. La forme est très originale aussi puisque la 1ère moitié est saturée de dialogues et la 2ème moitié entièrement silencieuse et en musique. J’ai fait un travail personnel et ce qui me rassure dans un sens, c’est la certitude de faire exactement ce que je dois faire. J’écoute mon chemin intérieur, et rien ne m’en détourne. Je serai toujours très contente d’avoir fait ça.

J’ai toujours rien dit du scénario. 😀 C’est pas grave, je montrerai le film quand il sera fait.

 

Domination

 

Je suis en train de lire « La domination adulte » de Yves Bonnardel. Je le lis, car il ressemble parfaitement à ce que je ressens en ce moment. Malheureusement pour ma soif de progresser, il ne m’apprend pas grand chose pour le moment. Mais il m’ancre, et on se sent toujours moins isolé quand on lit quelqu’un qui dit ce qu’on pense, surtout quand cette pensée est bien loin d’être la norme.

Je suis outrée par le comportement des adultes avec les enfants. Des hommes avec les femmes, des professionnels avec les amateurs, des vieux avec les jeunes, des groupes avec les minorités, bref, cette domination facile du fort sur le faible.

J’ai décidé de ne plus jamais donner de conseils tant qu’on ne m’en demandera pas. Même de suggestions. Je suis arrivée à un niveau d’overdose pour moi-même et il ne viendrait pas à l’esprit de faire à quelqu’un d’autre ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse à moi. Du moins consciemment.

Le conseil est une tentative de contrôle sur l’autre, une prise de pouvoir pernicieuse. C’est la forme la plus perverse de « c’est pour ton bien ». Avant de donner un conseil, on devrait se demander « qu’adviendra-t’il de cette personne si elle n’a pas mon conseil ? », si la réponse est « elle s’en portera moins bien, c’est de la prétention. Plus j’avance, plus je connais, plus je prends conscience de l’impossibilité de changer son environnement positivement par la volonté. La volonté appliquée de force sur un phénomène extérieur crée un déséquilibre qui sera contrebalancé tôt ou tard. Ayant reçu récemment une avalanche de conseils pendant une dizaine de minutes (c’était très long), j’ai pu conscientiser la violence commise sur mon esprit par ce type de paroles. Quand j’étais plus jeune, j’avalais sans broncher ces conseils (émis d’hommes plus âgés en général, mais l’âge n’a au final aucune importance, c’est le sentiment qu’a la personne d’être plus savante que toi qui importe avant tout), et je me laissais violenter, car je ne savais même pas que j’étais libre, je ne savais pas que j’avais le droit de penser par moi-même des choses qui avaient de la valeur. Je prenais ce qu’on me donnait et je m’efforçais de ressentir de la gratitude pour ces donneurs de leçons qui semblaient l’attendre naturellement en retour.

Ça m’a un peu calmée aussi du coup, et j’ai pu lâcher mon sentiment de responsabilité. Je me rends compte que pendant 4 ans, les patients attendaient de moi des conseils concrets (et me le disaient ouvertement : « je ne supporte pas les psys qui ne font qu’écouter, je préfère qu’on me donne des conseils concrets ») et je me suis faite avoir. Au final, j’ai beaucoup plus appris sur la fin de ma pratique, quand les patients sur le long terme, réalisant que les conseils les gonflaient, finissaient par exiger de l’écoute seule.

S’aimer, c’est avant tout se protéger. Même si ceux qui crient le plus fort nous rabâchent que nous ne devons pas rester dans notre zone de confort, que nous devons nous ouvrir, prendre des risques…Nous sommes constamment sur la pente glissante de nous maltraiter, de nous traiter nous-mêmes comme nous avons été traités enfants. Rien que le terme « zone de confort » me fait penser aux terribles souffrances des nourrissons, brutalement expulsés du giron maternel jusque dans la jauge à mesures des professionnels, constamment privés des bras et reposés dans nos berceaux prisons, sortis de notre zone de confort ultime que sont les bras de notre mère pour satisfaire les besoins narcissiques des adultes frustrés.

 

C’est très étrange que pendant de longues années, je n’aie pas du tout prêté attention au sexisme. Je me trouvais bien mieux en compagnie des hommes (plutôt faibles de caractère), que des femmes (que je trouvais menaçantes). Aujourd’hui je prends conscience d’un système. Je ne vais pas résumer le patriarcat ici, mais dans mes souvenirs et mes connaissances du passé, j’ai très rarement rencontré un homme qui ne se sente pas menacé par une femme libre, et de femme qui ne se sente pas menacée la séduction des autres femmes.

Pendant tellement longtemps, j’ai cru que la façon paternaliste qu’avaient de me traiter les hommes était due à ma propre incapacité à vivre, analyser et juger proprement les choses, et la façon agressive qu’avaient de me parler les femmes à mon incapacité à sociabiliser. En bref, si les gens me traitaient mal c’est parce que j’étais une grosse nulle.

Un jour, dans un stage de théâtre, j’allais sur mes 17 ans, une fille, une allemande, me dit : « C’est incroyable comme tu es ouverte et pleine d’idées », alors que j’étais dans une situation où je me trouvais pitoyable (ouverte) et chiante (pleine d’idées). Je me rassurais en permanence de mon droit à exister par la séduction que j’exerçais sur les garçons. Quand cet « ami » s’apercevait que je n’avais aucune prétention sexuelle, mais uniquement une demande d’amour, je recevais une rafale d’agressivité, sa réserve de domination jaillissant enfin du barrage temporaire qu’il avait placé, le temps de « m »obtenir ».

Et comme j’ai introjecté la maltraitance depuis toujours, encore une fois, je me faisais agresser parce que je le méritais, parce que j’étais une fille pas géniale, pas intelligente, et toutes ces cristallisations de pensée négative sur moi-même qui resurgissaient aussi vite qu’elles avaient disparues.

Je vois aujourd’hui, avec une grande lucidité, à quel point le travail sur soi à faire, devrait majoritairement être fait par les hommes, et à quel point il est majoritairement fait par des femmes. Ça me donne envie de me reposer.

Et ça me fait penser « la boucle est bouclée ». Car je pense à toutes ces mères qui se responsabilisent et contrôlent leurs fils, les dirigent pour qu’ils ne deviennent pas « violents » comme leur propre père, et ces fils grandissants qui deviennent irresponsables et se déchargent mentalement sur les femmes.

Au final, j’en reviens toujours à la même chose, il faut suspendre la production d’enfants pendant quelques temps, pour éviter à des fils d’avoir des mères et aux filles d’avoir des pères et inversement, le temps de bosser sur soi.

 

 

Trèfle

 

Il y a une croyance enracinée en moi depuis 2008, un jour entre Toulouse et Sète, sur le canal du midi, je lisais à l’époque Lise Bourbeau (alors qu’aujourd’hui ses livres me servent surtout à surélever mes pieds de lit), et j’étais fascinée par le système de visualisation créative « la foi », Jésus a dit « ce que tu veux crois que tu l’as déjà » etc. et je m’entraînais intensivement à ce sentiment. On faisait une petite pause sur un talus d’herbe, et je dis à mon copain : « Là, je vais trouver un trèfle à 4 feuilles ». Je me dirige vers une touffe d’herbe précise, j’écarte les brins, et derrière, un énorme trèfle à 4 feuilles. Je hurle : « Ça marche !!! ». Mon copain, totalement dépressif à ce moment-là (et que j’essayais de sauver), me dit : « C’est un coup de chance ». Pleine de ce sentiment de visualisation, je dis : « Je vais t’en trouver un pour toi aussi ». Je me dirige de nouveau vers la même touffe d’herbe, et juste à côté, un autre trèfle à 4 feuilles.

Depuis, je trouve systématiquement des trèfles à 4 feuilles pour une personne à qui j’ai envie de l’offrir. C’est devenu très spécifique (j’ai créé une religion du trèfle à 4 feuilles) : il faut que la personne soit importante pour moi à ce moment-là, que je lui souhaite réellement du bonheur, et que je sois certaine d’en trouver un. Alors, il faudra que la personne place ce trèfle dans un endroit qui symbolise le domaine dans lequel elle veut réussir.

J’ai démontré à de nombreuses personnes cette capacité étrange…et cela a toujours fonctionné pour ceux qui m’ont crue.

J’ai placé mon 1er trèfle dans mon portefeuille et je n’ai plus connu l’insécurité financière jusqu’à récemment. Et ce qui est amusant, c’est que j’avais complètement oublié ce portefeuille, et qu’avant de déménager de Paris, je l’ai jeté ! Mes finances se sont écroulées et récemment, je suis allée me promener dans la nature avec un ami, je lui ai trouvé un trèfle (il voulait réussir dans la musique) et d’un seul coup, j’ai réalisé que je n’avais plus le mien. Cet ami a immédiatement aperçu un autre trèfle à 4 feuilles, que j’ai mis dans mon porte-monnaie. Croyez-le ou non, l’argent tombe de nouveau sans que je n’aie à m’en inquiéter depuis 3 mois. Alors, bon, oui, j’ai lancé une formation, mais celle-ci m’a apportée de l’argent pendant 15 jours, puis le flot s’est tari complètement. Et depuis que j’ai le trèfle, je n’ai pas arrêté de recevoir de nouveaux clients, de propositions…J’ai pu quadrupler mes tarifs en toute confiance.

La meuf superstitieuse de ouf !

Mon amulette, mon grigri, je suis pire qu’un marabout africain ! 😀

Si j’analyse ça, je pense que c’est vraiment du à mon manque de parents. Besoin d’une protection, d’une sécurité. Mais après tout, si ce système active en moi ce sentiment de confiance et me débarrasse de l’angoisse de l’avenir, disons que temporairement, c’est toujours ça de pris. En attendant de guérir et de comprendre en profondeur ce sentiment d’insécurité (ou plutôt de nullité face à l’incapacité d’assumer mes besoins), j’ai mon trèfle, j’y crois dur comme fer. 🙂

 

2 Comments

  1. Françoise Fréhel

    Très intéressant. « L’histoire » du trèfle à 4 feuilles n’est pas un cas unique. Celle qui est devenue la femme de Jean Guitton (le philosophe) avait aussi ce don de trouver des trèfles à 4 feuilles. Mais aussi le don de retrouver les objets perdus.
    Pour ce qui est plus important (comportement des hommes et des femmes et vos réactions) cela m’a particulièrement touchée car je viens de publier un récit intitulé « Va et vois mon amour » psychothérapie et Bonne Nouvelle, sur mon enfance, mon milieu et tout ce qui nous conditionne. (Il est en vente sur Amazon). Comme j’ai la possibilité de « vendre gratis » pendant 5 jours, je choisirai deux jours (pour pouvoir renouveler) et je tiendrai mes ami(e)s FB au courant.
    Je ne veux pas laisser un long texte.
    Toutes mes amitiés.

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